CRANE

FON - BÉNIN

Crâne, métal, graines d'abrus

16 cm

Provenance

  • Daniel BOUDRE, Toulouse

Publication

  • « Fétiches de l'ancienne côte des esclaves » p. 183

Daniel BOUDRE

Littérature

  • « Fétiches de l'ancienne côte des esclaves » 

    Daniel BOUDRE

  • Vodou / Voodoo, autour de la collection ARBOGAST

AHDRC

  • ao-0205811-001

Ancien crâne orné d'un anneau de fer certainement pour le culte d'Hévioso.

Daniel BOUDRE nous apporte un témoignage très intéressant dans son livre « Fétiches de l'ancienne côte des esclaves » qui semble être une description assez proche de cet exemplaire où il est dit que :

On peut aussi ajouter le culte voué aux ancêtres, attribuant au crâne un rôle particulier, et qui pourrait perdurer encore. Certains informateurs m'ont révélé la pratique de ce culte, en usage dans certains villages proches de Ouidah. Quelque temps après la mort (un an ou deux) on retire le crâne inhumé et après l'avoir nettoyé, préparé, parfois décoré, on le place dans une jarre prévue à cet effet. Généralement il s'agit d'une jarre assez haute, renflée en son milieu et supportant un couvercle. Il me fut donné d'en voir une, installée au fond d'un petit sanctuaire très sombre, près de Bohicon. Le crâne était placé au fond de la jarre, sur un coussin ou un tissus très épais, dont j'avais soulevé le couvercle, lui aussi en terre et surmonté d'un petit caméléon. Le crâne d'une couleur très foncée, mais il était difficile de bien voir dans la pénombre du lieu, semblait dépourvu de sa mâchoire inférieure, sur le sommet on pouvait distinguer du tissu entouré de cordelettes et un travail de décoration à partir de graines rondes, le tout présentait des traces de sacrifices, coulures de sang, plumes et matières diverses. Je compris très vite que c'était un objet sacré (et secret) que je n'aurais pas dû voir, aussi me répondit on très brièvement qu'il s'agissait seulement d'un objet très, très puissant et le couvercle fut refermé.                     

Extrait de « Fétiches de l'ancienne côte des esclaves » par Daniel BOUDRE


Daniel Boudre rapporte les explications d'Aklan-Djogbé et nous apprend également : 

Nombreux sont les vaudous qui utilisent des crânes humains, car c'est le crâne qui est le dépositaire de l'intelligence, du bien et du mal. Mais ce ne sont ni des crânes déterrés ni des sacrifices ; il s'agit le plus souvent de personnes foudroyées. [...] Les adeptes d'Hévioso [dieu du tonnerre et de la foudre, équivalent de Shango chez les Nago et les Fon du Bénin] conservent cela. Ce sont les crânes de personnes foudroyées, laissés dehors car personne ne peut les toucher. Seuls les habitants d'Hévioso peuvent les toucher. Parfois, ils les vendent à des féticheurs, mais c'est très cher, cela peut coûter 300 000 francs (environ 350 euros) pour un seul crâne, tellement il est puissant. Et dans notre pays, c'est très recherché pour créer des compositions.